Budget Primitif 2026 du Département des Pyrénées-Atlantiques :  derrière le statu quo, le renoncement social

Par Véronique DEHOS

Le budget 2026 du Département nous est présenté par l’exécutif de droite comme un budget de statu quo. On nous explique qu’il aurait pu être pire, tout en dénonçant le désengagement de l’État et la difficulté croissante à garantir l’autonomie financière des Départements.

Mais cette démonstration revient à regarder l’arbre qui cache la forêt.

Le contexte national existe, personne ne le nie. Cependant, à force de tout expliquer par les contraintes extérieures – baisse des DMTO, hausse mécanique des dépenses sociales, conjoncture économique – l’exécutif évacue l’essentiel : ce budget n’est pas seulement une adaptation contrainte, il résulte avant tout de choix politiques. Des choix qui hiérarchisent les priorités et révèlent une certaine vision de l’action publique que nous ne partageons pas.

Un exemple est particulièrement révélateur : le Schéma départemental Enfance-Famille est obsolète depuis 3 ans. Comment prétendre mieux maîtriser les dépenses lorsque l’outil stratégique censé encadrer cette politique publique fondamentale n’est plus adapté aux besoins des enfants ?

Autre choix lourd de conséquences : la baisse des subventions accordées aux associations et aux acteurs culturels, justifiée par des outils de gestion présentés comme innovants, mais dont les effets concrets restent flous. Or les associations sont des partenaires essentiels du Département : insertion, aide alimentaire, handicap, sport et culture…  Les fragiliser, c’est fragiliser durablement notre écosystème social et territorial.

L’exécutif se félicite également d’un budget « maîtrisé ». Pourtant, il repose en grande partie sur un recours accru à l’emprunt et sur des subventions étatiques incertaines. En 2026, l’épargne de notre Département recule, l’investissement est contenu, et près de 45 millions d’euros d’emprunt sont mobilisés pour le sécuriser.

Dans le même temps, les dépenses sociales augmentent. Mais le RSA, l’APA ou la PCH sont avant tout des droits, des minima sociaux répondant à des besoins humains réels. La question n’est pas de les subir, mais de construire des réponses adaptées.

La réponse de l’exécutif est malheureusement toujours la même : une compression progressive des politiques d’accompagnement et de prévention, alors même qu’elles permettent d’éviter des ruptures sociales bien plus coûteuses à long terme.

Sur le champ des solidarités, le désengagement de la droite est donc méthodique. Les arbitrages budgétaires déplacent les difficultés sans jamais les résoudre. Les publics les plus exposés aux conséquences de ce budget sont toujours les mêmes : familles monoparentales, jeunes de l’aide sociale à l’enfance, personnes âgées dépendantes, personnes en situation de handicap….

Ce budget 2026 protège avant tout son équilibre comptable. Nous refusons cette logique purement gestionnaire qui finit par abîmer les solidarités qu’elle prétend préserver.

Notre désaccord est fondamental. Là où l’exécutif adapte les politiques publiques aux contraintes budgétaires, nous affirmons l’inverse : ce sont les choix budgétaires qui doivent être au service des priorités sociales.

C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas soutenu le budget proposé par la droite, c’est aussi la raison pour laquelle nous continuerons à défendre une autre vision : celle d’un Département qui assume pleinement ses responsabilités sociales, non pas en les subissant, mais en en faisant un choix politique clair, au service des plus fragiles.

Des décisions justes pour le plus grand nombre.

Contact : veronique.dehos@le64.fr
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