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Les élus Gauche 64 s’opposent au projet E-CHO

Le groupe des élu.es de la gauche départementale des Pyrénées-Atlantiques s’oppose au projet E-CHO et aux conditions dans lesquelles son examen a été conduit.

La qualification - très discutable - par l'État du projet en Projet d'intérêt national majeur et l'accélération du calendrier de consultation des collectivités donnent le sentiment que la décision est largement engagée avant même l'achèvement du processus de consultation et d'enquête publique. Nous regrettons cette procédure qui affaiblit le temps démocratique et réduit la portée de l'expression citoyenne.

Nous déplorons que l'État semble avoir davantage endossé le rôle de promoteur du projet que celui d'arbitre impartial. Son rôle doit être d'éclairer la décision publique et d'organiser les équilibres nécessaires autour des biens communs que sont l'eau, la forêt et l'électricité, des ressources indispensables à l'ensemble de la population et dont la préservation relève de l'intérêt général.

Sur le fond, plusieurs éléments nous inquiètent :

1) Le projet prévoit la mobilisation d'environ 300 000 tonnes de biomasse par an. Or, le Haut Conseil pour le Climat alerte sur les risques de surexploitation forestière et rappelle que la régénération des écosystèmes forestiers et des sols doit primer sur leur valorisation industrielle intensive. En outre, les forêts constituent avant tout des puits de carbone, des réservoirs de biodiversité et un patrimoine collectif à préserver.

2) La consommation d'eau nécessaire à la production d'hydrogène intervient dans un contexte marqué par les sécheresses répétées – l’été 2026 et l’amplification du phénomène El Niño dans les mois à venir doivent particulièrement nous alerter en la matière – avec, de fait, une pression croissante sur la disponibilité de l’eau. Il est indispensable d'anticiper dès aujourd'hui les conflits d'usage qui se dessinent et dans ce contexte, l'absence d'arbitrage clair de l'État sur l'affectation de ce bien commun essentiel apparaît particulièrement préoccupante.

3) Le projet repose également sur l'hypothèse d'une électricité bas carbone abondante et durablement disponible pour alimenter un électrolyseur de 450 MW. Cette hypothèse paraît fragile au regard de l'augmentation simultanée des besoins liés aux transports, à l'industrie, au numérique ou au bâtimentaire, ainsi que des incertitudes pesant sur la production électrique. Par ailleurs, la conversion de cette électricité en hydrogène puis en carburants de synthèse engendre d'importantes pertes énergétiques, conduisant à un rendement global médiocre, ce qui interroge sur l'efficacité réelle du projet au regard des moyens et des ressources naturelles qu’il mobilise. Ici encore, des choix de sobriété et de priorisation des usages sont inévitables.

4) Une étude d’impact annonce que le complexe soutiendrait environ 1 500 emplois directs, indirects ou induits sur le bassin de Lacq-Orthez. La question de l’emploi est une priorité absolue pour notre territoire et il convient donc de s'interroger sur la fiabilité de ces projections pour l'avenir de notre bassin d'emploi. De nombreuses études sur la réindustrialisation française démontrent que la construction d'infrastructures technologiques de pointe dépend massivement d'équipements importés. L'essentiel de la valeur ajoutée et de l'ingénierie lourde risque ainsi d'être capté hors de notre bassin d'emploi. De surcroît, une fois la phase transitoire du chantier achevée, le fonctionnement de ces complexes hautement automatisés ne requiert qu'un volume réduit de personnel permanent.

Avec le projet E-CHO, c'est donc une question de choix de société qui est posée : celle d'une transition fondée avant tout sur la sobriété, la préservation des écosystèmes, la gestion démocratique des biens communs et la création d'emplois locaux pérennes adossés à l'évaluation réelle des besoins.

Estimant que le projet E-CHO fait peser des incertitudes majeures sur la préservation des ressources naturelles, l'équilibre des usages de l'eau, de la forêt et de l'électricité, ainsi que sur la soutenabilité de son modèle énergétique, le groupe des élu·es de la Gauche départementale 64 émet à ce jour un avis défavorable à ce projet et appelle à un débat démocratique éclairé et transparent, associant pleinement les citoyens et les collectivités.

Les élu.es du Groupe de la Gauche départementale

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