Département des Pyrénées-Atlantiques : le débat des orientations budgétaires 2026
L'édito de Yves Salanave-Péhé
Le Débat d’Orientations Budgétaires (DOB) est souvent perçu comme une sorte de ventre mou du calendrier institutionnel en attendant le vote du budget. L’exercice de cette année 2026 révèle une vacuité inquiétante face à une période de crises profondes : instabilité budgétaire nationale, dette souveraine et fragilisation de l’organisation territoriale…
Pour la première fois, les Pyrénées-Atlantiques sont éligibles à hauteur de 9 millions d’euros au Fonds de sauvegarde des départements.
Cette aide de l’Etat traduit la fragilité sociale structurelle de notre territoire, notamment liée à l’explosion des besoins en prestations sociales (RSA, APA, PCH).
Nous ne savons plus si nous devons gérer un département riche ou pauvre, tant l’incertitude plane sur nos recettes et sur nos contributions nationales.
Que nous propose l’exécutif départemental pour 2026 ?
Des orientations budgétaires extrêmement prudentes et techniques mais politiquement décevantes. Dans le rapport, la droite départementale nous explique longuement pourquoi c’est compliqué, pourquoi c’est incertain, pourquoi il faut attendre. Elle ne nous dit jamais clairement ce qu’elle choisit de défendre ou ce qu’elle est prête à sacrifier.
Or, quand l’argent manque, ne pas choisir, c’est déjà choisir.
L’exécutif départemental prétend tenir le cap dans la tempête tout en évitant soigneusement de hiérarchiser les priorités sociales, une politique du drin de tot (un peu de tout) qui refuse de choisir et, par conséquent, de protéger réellement les plus fragiles.
Dans le rapport, trois signaux nous inquiètent particulièrement pour l’année 2026 :
- La menace sur le service public départemental : Sous les termes de « rationalisation » et « d’optimisation », ce sont les agents départementaux et leurs conditions de travail qui sont visés ;
- La déshumanisation par l’IA : La majorité propose d’expérimenter des « agents conversationnels » pour simplifier l’administration. À l’heure où nos concitoyens demandent de la proximité, on leur répond par des algorithmes.
- La mise sous surveillance des associations : un nouveau dispositif d’analyse des comptes a été créé, il sera vécu par nos partenaires comme un outil de défiance plutôt que de dialogue.
D'autres choix sont possibles
Les élu-es Gauche 64 refusent cette résignation comptable car il existe bien de la place pour un modèle départemental pérenne, installé sur le temps long, faisant apparaître des priorités claires.
Un rapport d’orientations budgétaires digne de ce nom devrait porter une vision stratégique à 3 ou 5 ans avec des scénarios clairs concernant la transition écologique, la protection de l’enfance, l’autonomie des personnes âgées ou encore sur l’attractivité des collèges publics ou un meilleur équilibre territorial.
Surtout, le rapport devrait clairement affirmer la sanctuarisation des solidarités humaines : un département classé fragile n’a pas besoin de prudence budgétaire frileuse, mais de courage politique.

Servir ce territoire auquel je suis viscéralement attaché.
Contact : yves.salanave-pehe@le64.fr
Tel : 05 59 11 44 89






