Carte scolaire et moyens éducatifs : l’alerte de la Gauche départementale

Par Karine PÉRÉ & Michel MINVIELLE

À l’occasion de la présentation du rapport d’activités 2025 de l’État par le Préfet des Pyrénées-Atlantiques, , Michel Minvielle et Karine Péré ont interpellé le préfet et les services de l’Éducation nationale sur les conséquences très concrètes des choix en matière de carte scolaire et de moyens humains.

Le budget national acte en effet, pour les Pyrénées-Atlantiques, la suppression de 27 postes dans le second degré et de 23 postes dans le premier degré, soit près de 40 fermetures de classes. Le Pays de Nay figure parmi les territoires les plus touchés. Ces décisions, prises dans un contexte déjà fragile pour de nombreuses communes, suscitent une vive inquiétude chez les élus, les équipes éducatives et les familles.

Michel Minvielle a rappelé que derrière les chiffres se cachent des réalités humaines : des classes déjà surchargées, des élèves moins accompagnés et des conditions d’enseignement dégradées. Alors que la France demeure l’un des pays européens où le nombre d’élèves par classe est le plus élevé, la baisse démographique ne devrait pas conduire mécaniquement à une réduction des moyens, mais pourrait au contraire être une opportunité de mieux accompagner les élèves.

Karine Péré a, quant à elle, fait remonter le mal‑être du terrain, pointant la fragilisation continue du pôle de remplacement et l’augmentation des jours de classe non remplacés. Les enseignants se retrouvent souvent seuls face à des élèves à besoins particuliers, sans aide humaine effective, tandis que les dispositifs d’accompagnement se réduisent.Les deux élue·es Gauche 64 ont également alerté sur la situation des AESH, dont les conditions de travail restent indignes : temps partiels imposés, rémunérations inférieures au seuil de pauvreté et absence de réponse législative malgré la promesse d’une école inclusive : une logique essentiellement comptable, là où l’Éducation devrait être pensée comme un investissement d’avenir, au cœur du projet républicain.

Le Préfet et le Directeur académique ont rappelé le contexte de contrainte budgétaire nationale, lié notamment à la dette publique, et ont souligné la baisse démographique de près de 4 500 élèves dans le Département sur dix ans. Les fermetures de classes se font avec les maires et dans une logique d’anticipation, notamment via l’Observatoire des dynamiques rurales.Concernant l’école inclusive, les services de l’Etat reconnaissent qu’un système « à bout de souffle » nécessite une évolution. Pour la rentrée à venir, huit recrutements d’AESH sont annoncés, ainsi que la mise en place de nouveaux pôles d’appui à la scolarité (PAS) et la formation des enseignants, afin de privilégier une approche collective plutôt qu’un accompagnement strictement individualisé.

Sur la question du remplacement, le DASEN a souligné que le Département affiche un taux de remplacement de 87 %, parmi les meilleurs, et annonce la création de postes supplémentaires pour la rentrée 2026. Selon les services de l’État, malgré la baisse des effectifs et des postes, l’action engagée viserait à renforcer le pouvoir d’agir des équipes éducatives sur le territoire.

À l’issue de ces échanges, les réponses apportées par les représentants de l’État ne lèvent pas nos inquiétudes. Le contexte budgétaire et démographique ne saurait à lui seul justifier des choix qui se traduisent, sur le terrain, par des fermetures de classes, une dégradation des conditions d’enseignement et un affaiblissement de l’école inclusive.

Pour les élu·es de la Gauche départementale, les annonces restent partielles et ne répondent ni à l’ampleur des suppressions de postes, ni au malaise croissant des équipes éducatives, ni à la précarité persistante des AESH. Derrière les indicateurs et les taux avancés, les difficultés vécues quotidiennement par les élèves, les familles et les personnels demeurent entières.

L’école républicaine ne peut se contenter d’une gestion contrainte et descendante. Elle appelle une ambition politique forte, des moyens à la hauteur et une véritable prise en compte des réalités locales. En l’état, ces réponses sont insuffisantes et ne permettent pas de rassurer durablement les territoires ni de garantir l’égalité d’accès à l’éducation pour toutes et tous.

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