Aide à domicile : un secteur essentiel au bord de la rupture
Par Marie-Pierre CABANNE
Le Département affiche sa volonté de poursuivre un accompagnement ambitieux du “bien vieillir à domicile”, mais le budget 2026 révèle un contexte financier qui ne s’adapte pas à la réalité du terrain. Les services d’aide à domicile — indispensables pour les personnes âgées et les personnes en situation de handicap ou atteintes de maladies — alertent sur un écart croissant entre le coût réel de leurs interventions et le tarif pris en charge par les collectivités.
Le tarif socle de ces aides passe en 2026 de 24,58 € à 25 €, soit une hausse de 1,7 %, correspondant au minimum légal.
Or, le coût réel d’une heure d’aide à domicile atteint en moyenne 32 €, selon les opérateurs du secteur. Cet écart de 7 € fragilise les structures, déjà confrontées à l’augmentation des salaires, des indemnités kilométriques, du coût des véhicules et du nombre de bénéficiaires très dépendants
Certains dispositifs ont pourtant des bases plus élevées alors que l’on s’adresse à un public moins dépendant, et cette différence de tarification au sein du même territoire n’est pas clairement expliquée.
Si les financements ne suivent pas les besoins, plusieurs services d’aide à domicile pourraient se retrouver en difficulté, en particulier en milieu rural où les déplacements sont nombreux et coûteux.
Face au risque d’une baisse de la qualité de l’accompagnement, d’un report de charges sur les familles les plus modestes,et une aggravation des inégalités entre territoires, les élus Gauche 64 proposent l’organisation d’une commission spéciale réunissant ces services afin d’étudier un réajustement des tarifications et des solutions adaptées pour la mobilité.